>Au sujet d'un rapport du COS sur les retraites de la Fonction Publique

Au sujet d'un rapport du COS sur les retraites de la Fonction Publique

Philippe Brindet - 25 novembre 2013

Guillaume Guichard dans un article du Figaro du jour, Les retraites des fonctionnaires largement subventionnées, nous apprend trois faits :

  1. Les trois quarts des retraites des fonctionnaires sont payées non par les cotisations des actifs, mais par une subvention de l'Etat de 37 milliards d'euros ;
  2. presque un tiers des retraites de l'Etat bénéficient de dispositifs d'aide comme celui du départ avancé pour les militaires alors que cette aide est de 16,2% seulement pour les salariés du privé ;
  3. les salariés du privé payent des taxes sur les salaires qui finacent 11% des pensions.
Quels commentaires en tirer ?

La retraite d'Etat n'est pas une retraite par répartition

L'Etat qui tient absolument au régime par répartititon pour le secteur privé en a protégé ses salariés : la subvention aux 3/4 démontre assez que le principe de répartition est un principe que l'Etat n'a pas voulu s'appliquer à lui-même. On peut donc penser que cette inégalité constitue une distorsion de concurrence sur le marché intérieur français, mais aussi sur le marché unioniste et ailleurs, puisque le secteur privé français se voit imposer une charge inégale avec le secteur d'Etat.

On remarque que le système de financement par subvention fait courir un risque énorme aux retraités de l'Etat. Il suffit que l'Etat ferme la subvention, par exemple en vertu d'une décision de la Cour Européenne de Justice pour distorsion de concurrence, pour que les retraités de l'Etat se retrouvent ssans ressource. Le problème politique est que les citoyens du secteur privé se moquent éperduement du sort de leurs concurrents fonctionnaires, tandis que les fonctionnaires sont absolument persuadés que l'Etat ne peut pas avoir un comportement "inhumain" à leur égard. Or, ces deux croyances sont fausses. Surtout la seconde. L'Etat n'a aucun comportement "humain" et encore moins à l'égard de ses fonctionnaires en général. Il est probable qu'il maintiendra la pensions de ses agents utiles : police, haute fonction publique, et ruinera les autres sans aucun état d'âme, âme qu'il n'a d'ailleurs pas.

Tant que le pays n'est pas certain du risque et que le risque reste un risque, l'Etat peut dormir tranquille. Les média maintiennent une croyance dans le comportement "paternel" de l'Etat, mensonge absolument nécessaire dans un pays avec plus de cinq millions de fonctionnaires, chacun certain de son utilité. Mais, sinon ...

L'Etat spolie systématiquement le secteur privé

Les français ont laissé peu à peu l'Etat contrôler entièrement leur système de retraite, la cotisation retraite étant aujourd'hui absolument identique à une charge fiscale et le service de la pension privée étant majoritairement entre les mains de l'Etat. Il en résulte que les français du privé sont au point de vue de leurs ressources en moyenne dépendant de 45 à 80 % de l'Etat pendant qu'ils sont actifs et de 80 à 100 % lorsqu'ils sont retraités.

Si on excepte l'agriculture et la santé, il n'existe pas de régime plus caractéristique d'un régime socialiste étatiste de nature totalitaire que le régime républicain français.

Ce que le rapport du COS révèle ici, c'est que l'Etat spolie de manière systématique la propriété privée notamment au bénéfice des fonctionnaires. La fiscalisation des retraites est en réalité une démarche qui permet de faire politiquement disparaître toute contestation. De ce point de vue, en dehors d'une révolution que nous n'appelons pas de nos voeux, seule la Commission de Bruxelles activée par l'Allemagne, pourrait nous tirer d'affaire dans ce racket permanent et croissant.

Le déficit du régime des retraites privées pourrait être d'origine fiscale

Monsieur Guichard qui a lu le rapport du COS qui n'est pas publié affirme que 11% des pensions d'Etat sont financées par les taxes sur les salaires du privé. On arrive ainsi à un prélèvement fiscal de l'ordre de 4 milliards d'euro sur les cotisations du privé. Il s'agit de l'ordre de grandeur du déficit de l'assurance vieillesse du privé. Dont le prétendu déficit est en réalité causé par la fiscalité inégalitaire de l'Etat.


Revue THOMAS (c) 2013